Internet : être ou ne pas être

La pertinence pédagogique de la communication sur le réseau public est présentement un sujet de questionnement.

L'enseignant ou l'enseignante qui fait du furetage peut trouver sur le réseau une multitude de références éducatives, des cours, des textes, des examens, des références bibliographiques et des références documentaires, en plus de recettes, de renseignements touristiques, etc.....

La première impression est qu'il s'agit d'une source d'information intarissable qui est enthousiasmante pour certaines personnes et submergeante pour d'autres, un peu à la manière d'une overdose.

Quelle que soit cette première impression, on ne peut plus ignorer Internet, on ne peut pas mettre cet outil informatique de côté se serait rejeté le progrès. Peut-on imaginer un médecin qui soignerait ses patients comme il y a 10 ans ?

Utiliser Internet dans une activité d'apprentissage est très récent au niveau de la pratique pédagogique. L'autoroute électronique peut servir en classe de deux manières: elle est une source d'information et un moyen de communication.

Il est facile d'utiliser l'aspect source d'information lors de certaines activités d'apprentissage. Le réseau est accessible de façon généralement efficace et conviviale. Bientôt les élèves de notre école pourront probablement communiquer avec des jeunes de d'autres régions ou de d'autres pays grâce au courrier électronique. Quelle ouverture sur le monde !

Examinons l'aspect source d'information.

Les logiciels qui donnent accès à Internet peuvent être classés porteurs de contenu, à la manière des outils multimédias que sont les disques optiques compacts. En effet, ils permettent aux élèves d'accéder à des connaissances et de développer des habiletés reliées au traitement de l'information.

 

La fonction pédagogique d'Internet

Il y a quelques temps, on claironnait que l'école devait "apprendre à l'élève à apprendre". Aujourd'hui le discours est, "l'élève doit construire son savoir". Des mots différents pour dire la même chose.

Au fil des ans, nous avons entendu bien des choses, et les jeunes enseignants et enseignantes en entendront aussi bien d'autres.... C'est le progrès !

Comment utiliser Internet, en classe pour travailler à la moderne ???

Commençons par une activité dont le point de départ est une recherche documentaire. La deuxième guerre mondiale ? Les minéraux au Canada ? Les diverses tribus amérindiennes ? Les banques et les caisses populaires ?

Dans le cas d'une recherche documentaire, Internet est considéré comme un lieu de stockage d'information plutôt qu'un lieu de communication. Il est nécessaire de préparer une activité présentant à l'élève une démarche de travail bien encadrée afin d'éviter un furetage qui mènerait à une perte de temps et à une démotivation inévitable. Jacques Tardif pense qu'une mauvaise utilisation d'Internet peut conduire à envisager la connaissance comme " un paysage à parcourir et à visiter plutôt que comme des processus dynamiques à construire ".

L'élève doit faire une cueillette de données, évaluer si les informations trouvées correspondent à ses besoins documentaires et traiter cette information pour la rendre claire et accessible.

Comment transformer "information" en "connaissance". Judi Harris écrit:

" (...) la connaissance résulte du travail de transformation que l'individu exerce sur l'information reçue. La connaissance est privée alors que l'information est publique. La connaissance ne peut être communiquée; seule l'information peut être partagée. À chaque tentative de partage de la connaissance, cela se traduit en information que les apprenants choisissent d'absorber ou de transformer en connaissance s'ils le désirent. Cette distinction entre connaissance et information n'est pas que sémantique. Elle détermine la structure des activités de télématique pédagogique. Les activités qui réussissent le mieux à motiver les élèves sont celles qui amènent l'élève à recueillir et à partager l'information, et à l'exploiter pour générer des idées plus complexes."

Pour que l'activité cueillette de données se transforme en connaissance, il est essentiel que l'élève fasse un travail de transformation sur l'information recueillie. On peut lui demander de construire un tableau, de faire une affiche, de préparer un texte, de faire une présentation orale, etc. C'est alors qu'il apprend.

 

L'organisation technique

Pour réaliser un scénario d'apprentissage en télématique, il faut travailler dans un laboratoire dont les ordinateurs sont reliés à Internet et surtout avoir déjà fureté et choisi les adresses que les élèves auront à consulter pour réaliser ce scénario d'apprentissage.

Pour rentabiliser une activité pédagogique avec cet outil informatique, il est nécessaire d'utiliser un système qui permet de stocker l'information avant que ne commence l'activité.

L'utilisation d'un outil comme proxy prend alors tout son sens et devient le moyen par excellence d'éviter les pertes de temps car il emmagasine les pages des sites de recherche pré-sélectionnés et permet d'en améliorer la vitesse de transmission.

Les enseignants et les enseignantes n'ont pas besoin d'une initiation à cette façon de procéder et les élèves demeurent libres de fureter dans des sites non suggérés dans le scénario d'apprentissage. Pour l'instant l'utilisation d'Internet comme outil pédagogique se fait en risquant que le tout ne fonctionne pas. Autant l'élève peut naviguer à gauche et à droite si le contrôle de la recherche n'est pas assuré de façon sévère, autant le réseau peut flancher au milieu d'un cours et donner lieu ainsi à d'importantes pertes de temps.

La nouvelle technologie et une activité d'apprentissage bien définie permettront une confiance accrue en cet outil pédagogique qu'est l'inforoute.

Une séance de travail au laboratoire d'informatique sur Internet est l'occasion de se servir d'élèves comme adjoints. Les jeunes apprennent à naviguer très rapidement. L'utilisation de divers logiciels (traitement de texte, base de données, chiffrier, etc.), exige un travail de familiarisation plus ardu, ce qui n'est pas le cas pour consulter la communauté Internet. Les "cracks" deviennent des personnes ressources aidantes pour les autres élèves et parfois même des experts de la navigation.

 

Rôle de l'enseignant ou de l'enseignante

L'enseignant ou l'enseignante doit s'assurer de la faisabilité du travail. Faire sur Internet une cueillette de données implique une continuelle mouvance de l'information.

Présenter aux élèves une activité d'apprentissage sur Internet exige de vérifier au préalable le contenu qui s'y trouve. Est-il conforme aux objectifs de formation visés par l'activité ? D'une année à l'autre de nouvelles données demanderont de modifier le travail.

Un scénario d'apprentissage peut être préparé sous forme d'un travail de recherche documentaire individuel ou en équipe. Il est possible aussi de prévoir un travail coopératif qui donne à chacun des élèves la responsabilité d'une partie du travail.

L'enseignant ou l'enseignante doit aider l'élève à organiser et à construire ses connaissances. Il doit donc par un projet de travail bien défini rendre l'élève capable de choisir la bonne information, de la hiérarchiser si nécessaire, de la structurer, de la vérifier, de développer un regard critique, de la personnaliser et de la transmettre.

Il est impossible de prédire que cette façon de travailler en classe apportera une performance scolaire accrue. Il est cependant certain que les élèves auront travaillé à la place de l'enseignant ou de l'enseignante, qu'ils auront démontré une plus grande motivation qu'avec un papier et un crayon et que le tableau et la craie auront pris un air d'antiquité.

À nos ordinateurs ! Préparons des scénarios d'apprentissage avec Internet et avec plein d'autres outils, logiciels porteurs de contenu, logiciels ouverts, disques optiques compacts.

 

Est-il réaliste cependant de faire cela seul, sans aide ????

Les enseignants et les enseignantes ne sont pas contre de nouvelles approches pédagogiques intégrant des outils aussi modernes que l'informatique mais ils ne peuvent être en classe, au front, s'occuper de 150 à 200 jeunes, et être en même temps les stratèges, s'occuper de la mise en place de l'infrastructure et produire les munitions.

Lise Martin




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