Réinvestissement en classe...
1. Les enfants, placés deux à deux, pigent d'une main des petits cubes
multicolores. Ils s'interrogent : Qui en a le plus ? Qui en a le moins
? Ils comparent. Puis, en mettant en commun leur cueillette, ils regroupent
les cubes par couleur et trouvent où il y en a le plus, où il y en le moins
ou équivalent et vérifient en mettant les cubes en parallèle.
2. Autre méthode de vérification : l'enfant transpose les données concrètes
sur un diagramme à bandes. Pour chaque couleur de cube, l'enseignante
prévoit une dizaine de rectangles dont les dimensions correspondent à celles
d'une matrice où elles seront collées. L'enfant aligne les cubes sur la
matrice de manière que chaque cube occupe une section d'une rangée (si
le diagramme est à l'horizontale) ou d'une colonne (si le diagramme est à
la verticale) selon la couleur. L'enfant enlève les cubes un à un et les
remplace en collant un rectangle de la couleur appropriée.
3. L'enfant pige une carte sur laquelle sont dessinés un certain nombre
de points entre deux et dix. Dans des magazines, des catalogues ou des journaux,
il trouve les éléments nécessaires pour former deux ensembles dont le
nombre correspond au nombre de points de la carte pigée : il forme un ensemble
de personnes et un ensemble d'objets. Il vérifie son travail en
mettant en correspondance les ensembles constitués et la carte pigée. Ensuite
il compare son travail à celui des autres.
4. L'enfant choisit une page illustrée d'un livre. Il estime
s'il y a plus d'animaux, de personnes ou d'objets. Il met des jetons de
différentes couleurs sur les éléments selon qu'ils s'agissent des animaux,
des personnes ou des objets. Il enlève les jetons, les aligne
par couleur et vérifie l'estimation faite au préalable.
5. L'enseignante tire parti de toutes les occasions où l'enfant manipule
des petits objets (morceaux de casse-tête, pièces de construction, petits
personnages) pour vérifier où il en est dans la compréhension procédurale
de la correspondance biunivoque :
Faire une rangée de huit éléments et lui donner dix jetons.
« Peux-tu faire une rangée pareille à celle-ci ? »
Après avoir retiré deux jetons :
« Penses-tu qu'il y en a autant (pareil ou la même chose) dans les deux rangées ? »
Enlever la rangée de jetons et remettre dix jetons à l'enfant.
« Veux-tu faire une rangée pour qu'il y ait plus de jetons que d'éléments ? »
Enlever la rangée de jetons et remettre dix jetons à l'enfant.
« Veux-tu faire une rangée pour qu'il y ait moins de jetons que dans celle-ci ? »
Enlever la rangée de jetons et remettre dix jetons à l'enfant.
« Veux-tu me faire une rangée où il y a un jeton de plus que dans celle-ci ? »
6. L'enseignante vérifie où l'enfant en est rendu dans l'abstraction,
(l'invariance de la pluralité) par rapport :
a) À la perception visuelle des objets. Présenter à l'enfant deux
cartons sur lesquels huit jetons sont collés. Placer les cartons l'un à côté
de l'autre afin que l'enfant puisse constater par une correspondance biunivoque
qu'il y en a autant sur un carton que sur l'autre. Demander à l'enfant de
mettre le carton dans un sac entièrement transparent pendant que l'enseignante
insère le sien dans un sac partiellement opaque. Mettre les sacs de nouveau
côte à côte. « Y a-t-il autant de jetons dans les deux sacs ? »
b) À la configuration aléatoire. Déposer devant l'enfant huit objets
en vrac. Disperser les objets lentement un à un du bout du doigt pour qu'en
tout temps l'enfant voie l'ensemble des objets. « Je fais bouger les
objets, si je les place de cette façon, y en a-t-il plus, moins ou la même
chose qu'avant ? » Reprendre le même questionnement en groupant de nouveau
les objets. Répéter en mettant les éléments dans une assiette et en les dispersant
à nouveau. Enfin, faire une rotation de l'assiette et répéter la question.
c) À l'allongement d'une rangée. À partir de huit cubes de même couleur.
« Regarde, je vais les étirer… Maintenant y a-t-il plus de cubes, moins
de cubes ou la même chose qu'avant ? » Donner huit cubes d'une autre
couleur à l'enfant. « Peux-tu faire une rangée pareille ? Est-ce qu'il
y a la même chose dans les deux rangées ? » Étirer une des deux rangées
en prenant soin qu'un cube dépasse à chaque bout. » «Est-ce qu'il
y a encore la même chose dans les deux rangées ? »
· L'enseignante commencera par présenter à l'enfant un maximum de six objets
en nombre pair pour aller jusqu'à dix ou douze.
· L'enseignante demandera à l'enfant d'établir mentalement les correspondances
entre les éléments avant de vérifier la concordance en déplaçant les objets.
Selon la capacité des enfants les ensembles à comparer comprendront plus ou
moins d'unités.
· Chez l'enfant, la compréhension de la notion de quantité évolue progressivement
d'une compréhension intuitive des pluralités vers l'abstraction en passant
par la compréhension procédurale. Voici quelques caractéristiques de chacune
de ces étapes :
La compréhension intuitive se base uniquement sur l'estimation visuelle.
À ce niveau, l'enfant peut dire quel ensemble a le plus d'unités, lequel en
a le moins ou s'il y en a autant. Il perçoit lequel en a beaucoup et lequel
en a peu (voir le mois d'octobre) ;
La compréhension procédurale se manifeste lorsque l'enfant est capable
d'utiliser des procédures basées sur la correspondance biunivoque pour construire
un ensemble respectivement plus grand, plus petit ou équipotent à un ensemble
donné sans aucun dénombrement. Comme ces procédures sont exécutées physiquement,
l'enfant en retire une certaine assurance qu'il n'obtient pas par une simple
estimation visuelle.
Enfin il y a abstraction quand l'enfant perçoit l'invariance de la
pluralité par rapport à certaines transformations dans la disposition des
objets, sans affectation de la quantité donnée : la conception de la pluralité
est alors assez stable pour résister à certaines transformations spatiales
superficielles.
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