L'ardoise dans tous ses états

École Sacré-Coeur
Richmond
Commission Scolaire Morilac
Quelques images en rapport avec le projet...
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Tout en tenant compte des programmes je souhaite, par ce texte,
vous démontrer comment et pourquoi j'ai structuré
certains de mes cours afin d'y incorporer une approche de l'art
contemporain.
J'ai parcouru les programmes d'enseignement des arts plastiques
et j'ai réalisé qu'il était tout à
fait possible de parler de la post-modernité tout en respectant
les objectifs de ces programmes.
D'ailleurs, le module art et société, qui est un
espace du programme m'apparaissant injustement négligé,
nous propose de questionner bien des sujets qui se retrouvent
très souvent dans les problématiques soulevées
par les post-modernistes, surtout les post-structuralistes, les
artistes de l'Arte Povera, Fluxus, pour ne nommer que ceux-ci.
Les jeunes vivent au présent et en ont une conscience aiguë.
Déjà par IMAX, par les vidéo clips, par la
mode, par la morale, par l'éclatement des systèmes
politiques, par la déstabilisation de l'économie,
ils sont plongés dans le tourbillon post-moderne. La linéarité
moderniste s'étiole et se dissipe pour faire place à
cette nouvelle approche: la post-modernité. Celle-ci nous
révèle un aspect de l'art que nous avions mis de
coté: " Cet espace à dimensions multiples
anti-esthétique dans lequel une variété
d'écritures, dont aucune n'est originelle, se mêlent
et s'opposent. " Hal Foster.
Je suppose, comme point de départ à la mise en oeuvre
de cette approche; qu'une meilleure connaissance de leur environnement
immédiat, permettrait aux élèves de mes classes
d'augmenter l'estime qu'ils ont de leur milieu et par conséquent
d'eux-mêmes et ainsi d'apaiser ces sentiments de perte et
de pauvreté culturelles qu'ils entretiennent par comparaison
à une idéalisation de la vie dans les grands centres
urbains.
J'ai donc construit une activité regroupant des notions
de patrimoine, d'environnement, d'économie, d'histoire,
de géographie et d'architecture, notions relevant du module
art et société, en isolant et en actualisant un
matériau spécifique à la région ou
j'enseigne: l'ardoise. Je l'ai contextualisé dans sa réalité
historique et par la suite dans un espace post- moderniste.
Par cette acrobatie sémantique, via la post-modernité,
je m'efforce à créer chez l'élève
des crochets cognitifs lui permettant d'assimiler des notions
propres au programme de deuxième secondaire, et qui amenées
didactiquement lui auraient apparu inutiles et par conséquent
rébarbatives.
L'activité que je m'apprête à vous décrire
a entre autres buts, celui de donner à l'élève
la chance de participer à un véritable processus
de création tout en le sensibilisant aux réalités
qui l'entourent ou du moins à quelques unes.
Le respect de l'individu et de son environnement sont des notions
importantes qui reviennent ponctuellement dans mon enseignement
des arts plastiques. L'art contemporain, tout particulièrement
le land art, pour cette activité, aborde ces avenues.
Richard Long, par exemple, fait des excursions dans les paysages
et fabrique des agencements éphémères de
rochers. Ses oeuvres ont servi de déclencheur visuel pour
une partie de l'activité: une réalisation de groupe
en plein air.
Pour que cette activité, " l'ardoise dans tous
ses états ", soit possible j'ai dû, dans
un premier temps, rencontrer le conseil d'orientation de l'école
pour recevoir leur assentiment. Par la suite, j'ai visité
le centre d'interprétation de l'ardoise avec son directeur
et, ensemble, nous avons élaboré une stratégie
d'accueil adaptée à des élèves de
deuxième secondaire. Je désirais que les élèves
visitent le site de l'ancienne mine et y travaillent. J'ai donc
contacté les propriétaires du site afin d'établir
une entente.
Il fallait se rendre au centre et ensuite sur le site minier;
une balade de 15 Km. J'ai sollicité les parents d'élèves
pour assurer cet encadrement.
L'histoire est au programme de la deuxième secondaire.
Nous avons profité, le professeur d'histoire et moi, de
cette occasion pour sensibiliser, en classe et lors de la sortie,
les élèves et aussi les amener à réaliser
les liens qui existent entre nos disciplines. J'ai présenté à mes élèves l'activité en leur faisant comprendre qu'ils seraient appelés à vivre des réalités propres à l'artiste, au créateur, c'est-à-dire:
L'activité a commencé, en classe, par le visionnement
d'un document " Les toitures d'ardoise un patrimoine
à concerver " produit par le centre d'interprétation
de l'ardoise. Ce visionnement a sensibilisé les élèves
à l'histoire de leur région. Ils ont appris pourquoi
il y avait tant de toitures d'ardoise autour d'eux, d'où
venait cette ardoise, comment la mine s'était développée
et pourquoi elle avait fermé. Ils ont été
informés de l'aspect patrimonial de ces toitures et ont
été initiés à la restauration et à
la protection de celles-ci. Je leur ai par la suite présenté,
grâce à des catalogues et des diapositives certains
artistes et leurs travaux; Mario Mertz, Richard Long, ainsi que
certains monuments, vestiges d'un passé mystérieux;
Stonehenge, les Dolmens, les Menhirs.
Nous sommes, ensuite, allés au centre d'interprétation
de l'ardoise à Kingsbury. Là, les élèves
ont expérimenté l'outillage traditionnel des poseurs
d'ardoise et les animateurs du centre leur ont donné une
multitude d'informations sur le sujet.
La mine de New Rockland est située à quelques kilomètres
du centre. Nous nous y sommes rendus et nous avons procédé
au reste de l'activité hors les murs. Chaque élève
est allé chercher un fragment de bonne dimension. Ensemble
ils ont fait une ronde, en se concentrant sur la paix dans le
monde et ils ont signé leur place avec le fragment. Ensuite
ils ont complété la figure qu'ils avaient sélectionnée
en classe; un signe géant de " Peace ".
Finalement, ils ont fait leur cueillette, tout en explorant le
site. Le groupe de l'après-midi à fait les même
expériences au centre. Ces élevés ont ensuite
transformé la figure exécutée par le groupe
du matin en remplissant le cercle de fragments. Ils symbolisaient
ainsi, par cette accumulation d'ardoises, les peuples de la terre.
Ils ont aussi fait leur cueillette et une exploration du site.
De retour en classe, chaque élève a fait un exercice
de base consistant à graver sommairement un fragment et
en le collant sur un autre morceau. Cet exercice leur permettait
d'évaluer les possibilités du matériau.
Une période a été, ensuite, consacrée
à la recherche en bibliothèque d'un thème
pour la création d'une petite sculpture. Les élèves
pouvaient travailler individuellement ou en équipe. Le
sujet était libre mais devait être défendu
par un texte de 200 mots.
Ils avaient trois périodes pour réaliser leur sculpture.
Toute une période de 75 minutes a été allouée
pour la présentation et le directeur a été
invité à ces démonstrations. Je croyais, et à la lumière de cette expérience, je croix encore plus qu'apprendre relève de la sublimation, que l'élève doit sentir et expérimenter avant d'assimiler quelques données que ce soit. Il me semble que ces élèves posent un regard neuf sur ces vieilles toitures parce qu'ils se sont approprié tout d'abord le matériau comme quelque chose d'unique, de possible et de disponible. Ils ont compris l'ardoise en la sculptant. Ils ont vu la mine, ils ont refait les gestes de ces ouvriers oubliés de l'histoire, ils ont refait l'histoire. Ils ont travaillé à apprendre et ils ont appris parce qu'en créant ils se sont créés. |
Francine Péloquin
Groupe d'élèves |
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Effeuillage de l'ardoise |
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Dinosaure; |