D'un côté du mur, la salle est pleine à craquer.
De l'autre, la salle est vide. Que se passe-t-il si on rétracte le
mur? Les gens voudront tout de suite aller du côté où
il n'y a personne pour combler le vide. Le déplacement horizontal
de l'air dans l'atmosphère joue le même jeu. L'air va des hautes
pressions pour aller combler le vide relatif des basses pressions mais sa
trajectoire ne sera pas celle d'une ligne droite.
Le dynamisme général de l'atmoshère désigne
l'ensemble des déplacements de l'air dans l'atmosphère. Ces
grandes tendances sont toutes sous l'influence d'une force apparente: la
force de coriolis. C'est cette force qui est responsable de faire courber
la trajectoire du déplacement de l'air.
Imaginez que vous êtes un moustique qui part du centre du disque
pour aller vous poser sur le bord. Vous visez un point précis et
vous vous dites: le plus court chemin entre deux points est la ligne droite!
Vous ouvrez vos ailes et hop vous êtes parti. Quelques secondes plus
tard vous atterrissez sur le bord du disque à droite du point visé!
En tant que mouche, vous pourriez penser qu'une force mystérieuse
vous amène vers la droite. Il n'en est rien! Le simple fait que le
disque tourne, votre objectif s'est déplacé vers la droite
et vous l'avez manqué.
L'image qui suit tente d'illustrer le même phénomène
mais avec un projectile cette fois-ci. Imaginez que vous êtes dans
un hélicoptère au pôle Nord, exactement sur l'axe de
rotation de la terre. Vous lancez un projectile à partir de votre
hélicoptère dans le but d'atteindre une cible à l'équateur.
Les chances que vous atteignez votre cible sont nulles. En effet, le temps
que votre projectile se rende, la terre aura tournée et vous fera
manquer votre cible.
Si le projectile laissait une trace sur le sol de la terre, la trajectoire
aurait exactement la même forme que celle dans l'expérience
du tourne-disque.
Si on généralise la force de coriolis et on l'applique au
déplacement de l'air dans l'atmosphère, tout déplacement
sera dévié sur sa droite dans l'hémisphère nord
et sur sa gauche dans l'hémisphère sud.
Il y a bien une explication de nature physique à cette loi mais elle
n'est pas présentée ici. J'invite le lecteur à lire
la page 23 du livre "L'atmosphère et la prédiction du
temps" pour approfondir ce sujet.
En réalité, l'air n'a pas le temps de se rendre au pôle
pour se refroidir. Vers la trentième latitude nord, l'air déjà
refroidi redescend vers le sol. De là, l'air reprend son mouvement
vers l'équateur pour se réchauffer. En se réchauffant,
l'air remonte et ainsi de suite. Ce cycle décrit une plus petite
cellule que celle présentée à la figure précédente.
Cette cellule porte le nom de Hadley. Ce scientifique est le premier à
avoir proposé une théorie qui décrivait déjà
en 1735 le mouvement général de l'atmosphère.
Un mouvement similaire à la cellule convective de Hadley se produit
sur les pôles. L'air des pôles a tendance à redescendre
vers l'équateur pour être réchauffé. Au fur et
à mesure que l'air quitte le pôle, elle aura tendance à
prendre de l'altitude étant donné son réchauffement.
L'air en altitude devenant de trop et se refroidissant doit laisser sa place
en remontant vers le pôle. La figure suivante montre que la cellule
polaire s'étend aux environs de la soixantième latitude.
Sur le schéma précédent, une troisième cellule
a été ajoutée par l'américain Ferrel. Cette
cellule à circulation inversée se situe entre la trentième
et soixantième latitude.
Maintenant que nous avons une idée des mouvements généraux
de l'air dans l'atmosphère, ajoutons la rotation de la terre. On
l'a vu, la rotation crée la force de corialis. Cette dernière
a pour résultat de modifier la cellule de Hadley. L'air en circulant
dans cette cellule est toujours dévié vers sa droite. L'air
ne suit donc pas l'orientation nord-sud mais plutôt est-ouest. La
force de coriolis complique passablement les choses. Le schéma suivant
donne la direction des vents dominants au sol.
Le schéma suivant donne les vents dominants en altitude.