Certaines images satellites peuvent être trompeuses et vous induire en erreur dans votre diagnostic de l'état de l'atmosphère. L'image satellite qui suit est un bon exemple. Cette image a été traité par ordinateur afin d'enlever les "imperfections" et ne laisser que les détails importants. Ce qu'on constate en observant l'image c'est que dans une grande partie du Québec le ciel semble clair. Est-ce vraiement le cas?

L'image qui suit est une animation qui contient deux photos satellites: une prise dans le spectre infrarouge et l'autre dans le spectre visible. Pour distinguer les deux images, remarquez la bande graduée dans le bas d'une des images, il s'agit de celle du spectre infrarouge. Les deux images ont été prises en même temps. L'animation est rapide afin de vous permettre de comparer les masses nuageuses (laissez le temps à votre modem de transférer les deux images de l'animation avant que cette dernière ne débute).

À en croire l'image infrarouge, les nuages sont peu importants dans l'Atlantique et au Québec. Pourtant, si vous fixez les zones grises vous verrez que sur l'image du spectre visible, ces mêmes nuages paraîssent beaucoup plus clairs et imposants. Laquelle des deux images dit vrai?

Rappelez-vous que dans ce type d'image, les nuages chauds sont très blancs alors que les nuages froids sont plutôt gris. Selon cette règle, on remarque que dans l'océan Atlantique, il y a beaucoup de nuages froids. L'explication est simple: ces nuages blancs sont probalement très élevés dans l'atmosphère. C'est peut-être des cirrus, cirrostratus ou des altostratus. Ces trois types de nuages n'apportent pas de précipitation et sont très froids puisque très élevés dans l'atmosphère. C'est pourquoi ils paraîssent gris sur l'image infrarouge (nuage froid) et blancs sur l'image du spectre visible (ils sont élevés et reflètent bien la lumière du soleil).

Remarquez aussi la différence entre les deux images sur la région du centre du Canada, juste au sud des provinces du Manitoba et de la Saskatchewan. Selon l'image du spectre visible, on dirait que le ciel est complètement couvert par une couche nuageuse très épaisse et bien organisée. On pourrait penser que des précipitations sont sûrement présentes. Pourtant, l'image du spectre infrarouge nous montre que cette même couche de nuage n'est en faite que des nuages froids qui n'apportent probablement pas de précipitations.

Si nous avions uniquement les images satellites du specte visible, les diagnostics de l'état des masses nuageuses vis à vis une région seraient drôlement faussés. La même chose se produirait si nous avions uniquement les images du spectre infrarouge. Il faut les deux images satellites pour bien comprendre la structure des masses nuageuses.

Comme dans bien des domaines, les météorologues ont besoins d'une multitude d'outils de mesure afin d'établir un diagnostic éclairé d'une situation météorologique donnée.