![]()
Amateurs de ski, vous avez sûrement remarqué que l'hiver 96-97 n'est pas extraordinaire pour la pratique de votre sport favori. Le mois de décembre 1996 a été chaud. Dans la région de Montréal, le mercure était en moyenne à -1 degré Celcius. C'est au-dessus de la normale saisonnière. Vous pouvez obtenir plus de détails sur le site d'Eve Christian pour les normales de saison pour la région de Montréal.
Les précipitations dans le sud du Québec étaient souvent sous forme liquide. Juste avant noël, Sherbrooke subissait des averses de pluie. Encore aujourd'hui, le 4 janvier 1997, les météorologues prévoient de la pluie et pluie verglaçante dans plusieurs régions du sud du Québec.
Ce qui est encore plus exceptionnel c'est le temps qu'il fait ailleur sur le globe. En Europe, des records de froid vieux de 50 ans sont brisés, il a même neigé sur la côte d'Azur. Dans l'ouest Canadien et sur la côte ouest des États-Unis des tempêtes ont laissé plus de 80 cm de neige. À Victoria plus de 30 cm de neige sont tombés. Pour une ville qui n'est à peu près pas équipée pour le déneigement, c'est difficile à prendre. Dans plusieurs villes américaines et canadiennes, de la pluie verglaçante est tombée, des inondations se comptent par dizaines.
Que se passe-t-il au juste? Pour trouver la réponse, les météorologues doivent se pencher sur des facteurs comme la circulation générale de l'air dans l'atmosphère et ce sur une longue période (au moins un mois). Cet examen permet de dégager une tendance. La tendance observée consiste en de l'air plus chaud qu'à la normale qui stague sur la partie est du continent nord-américain et que de l'air anormalement froid pénètre sur une bonne partie de l'Europe et l'ouest des États-Unis. Pourquoi en est-il ainsi?
La réponse se trouve peut-être dans la température de l'eau de l'océan atlantique (n'oubliez-pas de consulter la section sur l'atmosphère et l'énergie pour connaître le rôle des océans dans le réchauffement de l'atmosphère). En effet, les températures des eaux de l'atlantique sont anormalement distribuées.
En temps normal, en hiver, les eaux chaudes se trouvent davantage à
l'est de l'Europe
favorisant ainsi des températures plus élevées en Europe.
Actuellement, les eaux chaudes sont plus proches de l'est des États-Unis
et du Canada.
Ceci contribue à maintenir des masses d'air chaude sur l'est du continent
nord-américain.
À cause de la configuration du courant jet (ligne noire sur les deux images précédentes), les dépressions ont suivi en décembre la trajectoire anormalement plus au nord (flèche noire) tel qu'illustré dans l'image qui suit. Les dépressions en hiver suivent davantage la trajectoire suivant la flèche bleue.
Les dépressions ayant suivi une trajectoire plus au nord, le sud du Québec s'est souvent retrouvé dans la partie chaude de la dépression. Dans cette partie, les températures étant plus élevées, les précipitations peuvent être sous forme liquide.
Les plus curieux se demandent peut-être pourquoi l'océan atlantique est perturbé? Là, je n'ai pas de réponse.
Encore combien de temps allons-nous observer ce phénomène? Il est difficile à prévoir ce genre de changement. Toutefois, les experts disent qu'un changement vers une situation plus normale aurait peut-être débuté. Si la tendance du changement se maintient tout au long du mois de janvier, l'hiver devrait revenir à la normale. Dans le cas contraire, l'hiver 96-97 sera peut-être le plus chaud des dernières années.